Dormir, j'ai toujours aimé dormir.
Et ce putain de téléphone qui n'arrête pas de
sonner.
J'en ai marre de ce boulot de merde a toujours essayer de faire plus, de
faire mieux. C'est encore un de ces jours ou j'ai envie de tout lâcher, de tout foutre en l'air. Mais je n'ai qu'une seule devise : " Apprendre à finir " et c'est le plus important. L'air du
temps me rattrape et je vais encore vivre une de ces chroniques de nuit parce que ces cons là, il ne me foute jamais la paix.
Je n'arrive plus a dormir, je ne peux même pas être tranquille dans les
bras de cette pute rencontré dans un bar dont je ne me souviens même pas le nom. De toute façon, pourquoi faire ? Tous les soirs, c'est pareil... Blonde, brune ou rousse, c'est pour l'hygiène et
c'est un peu comme toutes les bières que je me siffle pour ne pas penser que j'ai une vie de merde... J'aime çà.
C'est beau une ville la nuit ... Mais alors, ou se trouve la beauté
?
Entre deux cartons, entre deux couloirs, entre deux portes qui claquent,
entre deux fenêtres qui grincent en plein vent...
Il y en a toujours un pour me faire chier et çà crois moi, ils savent
faire.
Et l'autre petit technocrate qui veut ma peau, qui ne souhaite qu'à
m'envoyer en retraite. Je lui montrerais bien ce que c'est qu'une passoire. Avec ces airs de tout savoir, de se sentir un peu plus supérieur, un vrai pourri ....
Il me fait gerber mais je ne me casserais pas et si on veut m'arrêter,
cela sera les deux pieds devant. Il était déjà trop tard, trop tard pour les impatients?
Une journée comme une autre, plein d'emmerdes, plein d'emmerdeurs et moi
au milieu de tout çà.
Des réunions, des rendez-vous, des entrevus et ce sont toujours les
mêmes gueules de cons. Vous prenez le roi, même pas besoin de couronne et vous acceptez pour la unième fois de jouer leur pantin. Croyez-moi, ils savent manipuler.
On vous donne l'heure, le lieu et on vous dit surtout " pas de bavures
". Ce qu'il leur faut, c'est du propre, du net, du rouge qui tâche avec des gros titres dans la presse pour justifier les grosses payes.
Aujourd'hui, 2 novembre, l'heure approche. C'est toujours la même
histoire, celle du gibier pris les pattes dans le piège. Et croyez-moi pas de sentiments, pas de scrupules, des résultats, que du résultat.
Tout est prêt depuis bien plus longtemps qu'on ne croit. Je ne fais que
mon travail. Mais est-ce vraiment un travail ? J'obéis aux ordres qui me sont donnés et je fais faire la même chose à mes hommes. Après, tout le reste, c'est du cinéma mais les gens aiment
çà.
C'est toujours le même rituel. Alors, on sort le grand jeu pour leur
donner de l'importance. C'est ne suffit pas d'avoir sorti l'artillerie, il faut s'en servir et croyez moi ils savent s'en servir?
Ils ne vivent d'ailleurs que pour cela, mes hommes. Je me fais acteur
mais je les emmerde. On est tous manipulés et je leur fait croire que je décide de tout. Ils sont trop forts pour eux, pour vous, pour moi?
Tout est prévu, tout est calculé, surtout son exécution. Il ne faut pas
qu'il s'en sorte et il ne s'en sortira pas...
Ce n'est pas mort ou vif, c'est l'acharnement dans toute sa splendeur.
La mort n'est pas suffisante. Pour eux, c'est pire qu'une de ces racailles qui traînent en prison. Et même ces racailles ont parfois un peu plus d'humanité ! Alors, je laisse faire le massacre. "
Allez les enfants " Faut vraiment être con pour croire que je suis de leur côté. Et ils aiment cela et ils en redemandent. Quelques secondes suffisent et le tour est joué. La farce de criminel
désigné (quand ils ne sont pas plusieurs) et remercié a été interprété sous vos yeux avec brio et lâcheté. Applaudissez le spectacle de la mort et en plus ils veulent le rappel, les autographes
et tout le reste. En un mot, c'est la gloire?
Et moi, je continue à raconter mes conneries pour leur faire plaisir.
Enfin, il est mort. Encore un souci de moins
Je donne mes derniers conseils avant le déballage médiatique, lui aussi
prévu, merveilleusement bien programmé. Les répétitions ont lieu avant la première et il n'y aura pas de seconde représentation. On a si peu confiance en eux, qu'on est bien obligé de leur
rabâcher les mêmes phrases, les mêmes explications vingt fois, cinquante fois, cent fois. Il y en a toujours un qui veut faire du zèle ou trop en dire. C'est qu'ils ne sont pas bien futés et
après c'est moi qui suis encore dans la merde.
Le boucher a fait son travail. Il range soigneusement son couteau et va
regagner sa petite vie qui ne lui donne même pas la satisfaction attendue.
C'est juste une veuve de plus ! Et puis de la merde ! C'est toujours moi
qui me tape les rapports qui ne sont jamais lus, les entrevus avec les autres guignols qui ne sont jamais contents et les autres qui n'ont rien compris. On ne saura jamais la vérité et il ne
faudra jamais la connaître. C'est un jeu de fléchettes ou nous ne connaissons jamais la cible. Aujourd'hui, c'est lui demain peut-être vous et on ne peut rien y faire?
En tous cas, bien fait pour sa gueule ! S'il n'avait pas une
BMW et s'il ne se promenait pas porte de Clignancourt, il ne serait pas mort.
Et ce putain de téléphone qui se remet à sonner !
Si je pouvais dormir un peu !!!...
Derniers Commentaires