La Petite Fugue
C'était toujours la même
Mais on l'aimait quand même
La fugue d'autrefois
Qu'on jouait tous les trois
On était malhabile
Elle était difficile
La fugue d'autrefois
Qu'on jouait tous les trois
Eléonore attaquait le thème au piano
On trouvait ça si beau
Qu'on en oubliait de jouer pour l'écouter
Elle s'arrêtait brusquement et nous regardait
Du haut du tabouret
Et disait : Reprenez à la ré fa mi ré
C'était toujours la même
Mais on l'aimait quand même
La fugue d'autrefois
Qu'on jouait tous les trois
On était malhabile
Elle était difficile
La fugue d'autrefois
Qu'on jouait tous les trois
Souviens-toi qu'un violon fut jeté sur le sol
C'était toujours le sol
Qui gênait Nicolas quand il était bémol
Quand les voisins commençaient à manifester
C'était l'heure du goûter
Salut Jean-Sébastien et à jeudi prochain
C'était toujours la même
Mais on l'aimait quand même
La fugue d'autrefois
Qu'on jouait tous les trois
On était malhabile
Elle était difficile
La fugue d'autrefois
Qu'on jouait tous les trois
Eléonore un jour a quitté la maison
Avec le diapason
Depuis ce jour nous n'accordons plus nos violons
L'un après l'autre nous nous sommes dispersés
Mais fugue seule est restée
Et chaque fois que je l'entends c'est le printemps
Cette photo a été prise dans un square de Montmartre il y a plus de 20 ans...
Et si on avait plus rien à se dire...
Seulement le temps d'ouvrir la fenêtre au chat...
Qui a pris son temps pour traverser la pièce et même y laisser son odeur...
Sortir pour aller chasser des souris le long d'une gouttière qui fait un peu de bruit...
Histoire de montrer qu'il est bien là, le temps d'effacer un silence, celui qui arriverait trop vite...
Si on avait plus rien à se dire...
Il est assis dans la gouttière, et regarde les passants d'en bas, 2 étages plus bas, il aime ça le chat
Et puis, il voit un chien qui n'aime pas le voir d'en haut... lui, il s'en fout, personne viendra le déranger...
Sauf que le chat n'a rien pour allécher le chien, juste un regard de dédain teinté de défiance, et le chien passe son chemin...
Et puis, il s'amuse à regarder les passants, cette vieille dame qui a du mal à marcher, cet enfant inconsient des dangers de la route, ce couple qui se tient la main comme au premier jour...
Fier en haut de sa gouttière, il se met à miauler de plaisir en se disant bien plus malin que ce chien...
Tout l'intrigue et en même temps rien ne le déstabilise...
Comment peux-tu déjà imaginer qu'on n'ait plus rien à se dire
Quand on peut délirer même sur un chat
Et si on avait plus rien à se dire...
Le jour ou le chat ne sera plus là...
Globox 14
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